Un apprenant progresse à son rythme dans une formation adaptative, un responsable optimise ses budgets, une équipe pédagogique surmonte un blocage en trouvant des idées. Ces scénarios, autrefois complexes à réaliser, deviennent une réalité tangible grâce à l’intelligence artificielle, au croisement des enjeux humains et technologiques…
« Les apprentissages se modulent en fonction du niveau de chaque utilisateur »
Les programmes de formation se suivent et, souvent, se ressemblent. Trop longtemps, les entreprises ont empilé des modules génériques dans l’espoir qu’un minimum d’apprentissages se diffuse. Avec l’IA, ce modèle montre enfin ses limites. Adaptive Tutor GPT, par exemple, n’offre pas qu’un accompagnement, il transforme chaque parcours en une expérience unique. Les apprentissages se modulent en fonction du niveau de chaque utilisateur, accélérant le rythme où c’est possible et ralentissant là où un coup de pouce est nécessaire. Et, cerise sur le gâteau, l’IA ne dort jamais. Que vos collaborateurs soient des lève-tôt ou des noctambules invétérés, elle répond toujours présent, sans manquer d’efficacité ni de patience. Ce type de flexibilité est une révolution pour les services de formation, fréquemment sous pression pour répondre à des demandes de plus en plus complexes. Illustration : dans ce cadre, Amazon Web Services (AWS) prévoit de former 600 000 Français aux compétences numériques d'ici à 2030, avec un accent mis sur des domaines comme l’intelligence artificielle, le cloud computing et la cybersécurité. En collaboration avec des partenaires éducatifs et technologiques, AWS propose des formations certifiantes, adaptées aux besoins du marché pour répondre à la demande croissante en compétences dans ces secteurs stratégiques.
« L’IA devient aussi un allié précieux pour le calcul du retour sur investissement »
Loin d’être une promesse futuriste, l’IA est déjà au travail dans des secteurs clés. Prenez les forces de vente : elles s’entraînent désormais avec des simulateurs IA qui procurent des retours immédiats sur leur argumentaire. Les équipes de service client, elles, perfectionnent leur ton et leur manière grâce à des outils qui analysent leurs échanges en temps réel. À l’échelle organisationnelle, l’IA devient aussi un allié précieux pour le calcul du retour sur investissement des formations. Projets mieux calibrés, budgets optimisés : les responsables de formation disposent enfin d’outils capables de transformer la donnée en décisions stratégiques. Cette efficacité séduit, et les résultats parlent d’eux-mêmes : chez Edmunds, l’intégration de ces outils a permis de doubler les revenus. Un exemple récent vient renforcer cette tendance. Forvis Mazars, cabinet de conseil et d’audit, a investi plus d’un million d’euros pour former 5 000 collaborateurs français à l’utilisation de Microsoft Copilot, une interface conversationnelle fondée sur l’IA. Leur objectif est clair : économiser au moins trente minutes par mois et par employé en automatisant les tâches chronophages (source : Le Monde).
« Vous bloquez sur une problématique ? Elle propose un chemin »
Cette dynamique ne s’arrête pas aux brainstormings. L’éducation est également un terrain d’expérimentation. Une enquête récente d’éducateurs européens souligne que 40 % des enseignants dans plusieurs pays utilisent des outils IA, notamment pour personnaliser les contenus ou identifier les besoins des élèves en difficulté (source : Lefebvre Dalloz Formation). L’IA n’est pas seulement là pour exécuter des tâches : elle peut aussi devenir un véritable partenaire de réflexion. C’est toute l’idée de la révolution métacognitive : une IA qui, loin d’être passive, aide les équipes à explorer des angles morts et à ouvrir des perspectives inédites. Lorsqu’une problématique semble insurmontable, l’IA peut offrir des solutions et ouvrir des perspectives inédites. Voulez-vous challenger une idée ? Elle enrichit vos hypothèses. Cette collaboration dépasse la simple logique de productivité : elle stimule la créativité humaine. En générant une multitude de points de départ, l’IA invite les professionnels à explorer des territoires intellectuels qu’ils n’auraient jamais abordés seuls.
« L’IA prend en charge les tâches répétitives, les analyses lourdes ou les simulations complexes »
Il ne s’agit pas de fantasmer un monde où l’IA remplacerait l’humain. Ce qui se dessine, c’est une collaboration hybride, où chacun trouve sa place. Dans cette configuration, l’IA prend en charge les tâches répétitives, les analyses lourdes ou les simulations complexes, pendant que les collaborateurs humains se concentrent sur l’innovation et les décisions stratégiques. Pour que cela fonctionne, l’IA a besoin d’être adoptée et intégrée. Cela passe par un changement culturel profond, où chaque membre de l’équipe est invité à comprendre et à exploiter ces nouveaux alliés technologiques. Les managers, eux, doivent se transformer en véritables « coachs » pour guider l’IA dans ses apprentissages, comme ils le feraient avec n’importe quel nouveau membre de leur équipe. Ces exigences trouvent un écho dans le cadre réglementaire européen. L’IA Act, adopté par le Parlement européen en 2024, impose des standards élevés pour garantir la transparence et l’éthique des systèmes d’IA. Les professionnels de la formation sont particulièrement concernés par ces régulations, notamment pour utiliser l’IA dans les évaluations ou la gestion des données sensibles.
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